Mon enfant a peur: 5 astuces pour l’aider à se libérer.

Aider son enfant à dépasser sa peur prend du temps. Comme le dit Isabelle Filiozat, “le temps que la peur laisse place au désir”. Il est nécessaire que l’enfant ait envie d’affronter ce qui le terrorisait pour que le processus soit positif. Par exemple, un enfant qui a peur de l’eau verra progressivement son envie de patauger dépasser sa peur, c’est à ce moment là qu’il prendra lui-même la décision de plonger. Il doit trouver la force en lui sans être pressurisé par l’envie du parent de voir son enfant sans peurs et sans reproches. La peur de l’enfant est normale, naturelle, et saine.

Un enfant qui n’a peur de rien est un enfant qui refoule car il n’a pas trouvé l’espace nécessaire pour exprimer sa peur. Une peur a une raison d’être et le fait de la regarder, de l’accepter, permet à l’enfant de passer une étape. Une étape de son développement psychique, émotionnel, spirituel. Il devient alors plus courageux, car il a compris que la peur fait partie de la vie et qu’il suffit de ne pas avoir peur de sa peur.

1) En parler, tout en respect.

Parler de ce qui fait peur permet de prendre de la distance. De dédramatiser. Yaya a eu à une époque “peur des renards”. Je ne sais pas d’où cela lui est venu mais je soupçonne ce satané Chipeur.

Chipeur, arrête de chiper!

J’ai essayé de comprendre ce qui lui faisait vraiment peur en posant des questions: qu’est-ce qui te fait le plus peur chez le renard ? Son museau? Sa queue? Ses yeux? Son cri? etc. Cela permet d’entamer le dialogue tout en respectant les émotions de l’enfant.

Il ne s’agit pas de rationaliser la peur car cela ne sert à rien et laisse l’enfant complètement incompris. Par exemple, il est inutile d’expliquer à son enfant trente fois que les loups ne vivent pas dans les maisons mais dans la forêt et que donc, il n’a RIEN à craindre.

C’est très dur croyez moi surtout quand il y a un cauchemar caché dans le placard. Bon courage pour ramener la logique dans la chambre.  

Je trouve que cela aide beaucoup les filles quand je parle de mes propres peurs. Mes peurs d’enfant mais aussi mes peurs d’adultes. Je leur raconte que quand j’étais petite, j’avais peur qu’il y ait un feu dans ma maison la nuit. Je leur explique que même si je savais que ça ne pouvait pas arriver, que mes parents veillaient au grain, eh bien j’avais quand même peur. Je leur explique que les papas et les mamans aussi ont peur, moi j’ai peur des requins, papa a peur des chiens. Ce n’est pas parce qu’on grandit qu’on n’a plus peur. J’ai toujours un petit doute quand je nage dans la mer et je regarde derrière moi toutes les deux secondes. Rationnel ?

 2) La dessiner et la regarder, la peur.

Le must en matière de dégommage de peur, c’est de la dessiner. Il fait un cauchemar? On le dessine. Le bruit du chien lui a fait peur? On le dessine. Elle a peur de LA sorcière? On la dessine! On peut aussi la peindre sur une grande toile, la jouer en musique, la fabriquer en pâte à modeler. Bref, à vous de trouver ce qui permettra à l’enfant de concrétiser sa peur, et enfin de la regarder en face. Une fois que la création est terminée, l’enfant peut choisir de la détruire – brûlée, enterrée, jetée très loin etc. ou de la garder, de l’afficher, ou même de l’offrir à quelqu’un. Quel que soit son choix, il est fort et symbolique – respectons-le.

 3) Faire la tête du bébé qui a peur.

Il est très important que l’enfant sache mettre des mots sur ce qu’il ressent. Un bébé de 18 mois peut piquer “une crise” car il n’a pas su exprimer sa peur de la dame qui lui a fait un bisou alors qu’il n’en voulait pas. Il va hurler, mordre, pleurer, tout pour faire sortir cette frayeur non reconnue. L’idéal est de leur apprendre très tôt à verbaliser et à oser dire franchement:

“J’ai peur.”

C’est plus facile à faire quand on a des parents qui, eux aussi, osent dire qu’ils ont peur. Ma technique a bien marché avec les filles, je vous invite à la tester si cela vous parle. Régulièrement, nous jouons au “bébé qui…”. Je demande: 

-“Que fait le bébé qui est triste?” = les filles doivent faire une tête triste.

-“Que fait le bébé qui est joyeux?” = les filles doivent faire une tête joyeuse etc.

Demander régulièrement “que fait le bébé qui a PEUR?” permet non seulement à l’enfant d’apprivoiser l’émotion, mais à vous de savoir ce que cela représente dans SA tête. Si il se met à hurler  en tapant des mains pendant le jeu, vous saurez la prochaine fois à quoi vous en tenir. Pour votre loulou, hurler et taper des mains signifie: “jai peur!”.

 

4) Libérer son corps: respirer, chanter, rire.

On dit que la peur se loge dans les reins. En médecine chinoise, chaque émotion a son petit coin de retrait où elle vient nous embêter. A terme, on peut somatiser. Placer une bouillotte chaude sur les reins le soir permet de soulager, libérer un peu de cette peur emmagasinée et stockée où on peut.

Apprendre à son enfant à respirer avec le ventre en période de stress, de peur, est un très beau cadeau à lui faire. Il pensera à vous dans 20 ans quand il fera sa présentation devant son boss et ses collègues sans bafouiller ni se faire pipi dessus. La respiration permet de garder le contrôle sur un stress ou une peur naturels et légitimes.

Essayez aussi la danse en musique, le chant et les cris très forts, les courses poursuite et rigolades chatouilles avec votre enfant qui l’aideront à faire sortir ce qui a besoin de sortir. Un corps qui s’exprime librement dans la joie est plus enclin à s’exprimer dans la peur ou la tristesse ou la colère. Aider-le à sortir de lui-même, à faire le fou, il trouvera en lui de la force et de la ressource qui lui seront utiles lorsque la peur reviendra.

5) S’aider des huiles essentielles.

Depuis quelques mois, je découvre le merveilleux pouvoir des huiles essentielles sur la sphère émotionnelle. Certes je les utilise au quotidien depuis des années pour soigner, booster, relaxer le corps mais je ne connaissais pas assez leurs capacités à libérer les émotions. Voici donc quelques petites découvertes qui pourront vous être utiles, à adapter à votre enfant (à éviter absolument sur les bébés).

– Camomille Noble: Lutte contre les idées fixes, donne confiance et apaise.

– Cyste Ladanifère: Cicatrise les plaies de l’âme et tempère les excès d’inquiétude.

– Citron: Renforce les émotions positives et favorise l’expression des émotions.

– Laurier Noble: Renforce la confiance en soi.

– Litsée Citronnée: Combat les fortes phobies et pousse à la communication.

– Mandarinier: Peur de la nuit.

– Marjolaine à coquille: Permet de regarder ses peurs en face et de les dissiper.

– Ravintsara: Renforce l’autonomie.

La manière dont vous utiliserez ces huiles doit dépendre de vous et de votre enfant. Vous pouvez choisir de leur en appliquer sur les poignets ou sous les pieds (une goutte suffit), de diffuser dans le chambre ou diluer dans le bain, ou encore tout simplement si votre enfant est assez grand, de mettre un flacon dans sa poche pour le côté rassurant. 

Sachez que si vous amenez votre enfant dans un magasin d’HE, il s’orientera certainement tout naturellement vers le flacon dont il a besoin. Faites lui CONFIANCE. 

 

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