Petit-déjeuner: 5 erreurs à ne pas commettre.

Tous les parents font de leur mieux pour envoyer leur enfant à l’école avec un bon petit déjeuner dans le ventre. Manger un petit déjeuner sain et équilibré est une très bonne habitude qui permet de stabiliser la glycémie tout au long de la journée, d’éviter les “coups de mou”, de favoriser la concentration et l’apprentissage, et d’avoir l’énergie nécéssaire pour courir, jouer, sauter et faire le fou dans la cour de récré.

Malheureusement la plupart des enfants consomment un petit déjeuner pauvres en nutriments essentiels et trop riche en sucres rapides. 

Voici les 10 erreurs principales de parents bien intentionnées en ce qui concerne le petit déjeuner des écoliers:

1 – Le bol de céréales

Vous avez certainement déjà entendu que les céréales dont on voit la pub à la télé sont “pleines de fibres” et donc bonnes pour votre enfant dès le matin. On peut lire sur les paquets de Kellogg’s et autre merveilles de supermarché tout un tas de promesses allant d’un apport vitaminique hors du commun au joli petit dessin promettant le petit déjeuner idéal: un bol de lait, une pomme et un bol de Frosties. Or d’un point de vue nutritionnel, on peut difficilement faire pire!

Quelques mots sur notre consommation excessive de céréales

Il faut savoir que nous consommons en règle générale beaucoup trop de céréales et notre tube digestif n’est pas fait pour les digérer dans de telles quantités. Je parle ici des céréales en général (riz, pain, pâtes, petit épeautre, quinoa etc.) et non pas uniquement des céréales du matin. 

Si la révolution industrielle n’avait pas transformé les céréales en panacée universelle pas chère et rapide à cuisiner, nous n’en consommerions que très peu et certainement pas sous cette forme complètement dévitalisée. Les céréales ne contiennent que très peu de nutriments essentiels comparées aux légumes que nous devrions proposer aux enfants en quantités bien plus importantes que les produits céréaliers!

Vous vous dites peut-être que les céréales complètes ne sont pas si mauvaises que ça. Il est vrai qu’à choisir entre un croissant à la farine de blé blanche consciencieusement passée à la javel et la tranche de pain complet, c’est le jour et la nuit. Cela dit, même les céréales complètes sont riches en acide phytique, qui à la mauvaise habitude de se lier aux minéraux dans notre intestin  les empêchant ainsi d’être assimilés. Une consommation d’acide phytique trop importante à été mise en relation avec la généralisation des caries sur les jeunes enfants qui pourtant “se brossent les dents tous les jours et ne mangent jamais de bonbons!”. 

Réduire la part des céréales dans l’alimentation de votre enfant est une bonne chose à faire, à condition bien-sûr de les remplacer par d’autres aliments riches en nutriments (fruits, légumes, oléagineux, algues etc.). Cela peut commencer dès le matin!

Miel pops, frosties, choco pops et smacks pour un petit déjeuner catastrophique 

Les grains utilisés dans les céréales pour enfants ont été raffinés et sont passées par un processus d’extrusion afin de leur donner l’aspect recherché. Au final, la graine à été tellement manipulée qu’elle n’a plus aucune valeur nutritive. L’enfant se remplit le ventre de cette “fausse nourriture” et n’en tire aucun bénéfice. 

En plus d’apporter une ration céréalière supplémentaire à l’enfant, la plupart des céréales achetées au supermarché (blé, maïs et soja) contiennent des OGM reconnus pour affaiblir le système immunitaire (et bousiller notre planète par la même occasion).

Elles contiennent aussi des conservateurs permettant de conserver le côté leur croustillant et des colorants artificiels. Plusieurs études ont permit d’établir un lien entre la consommation de certains conservateurs et les problèmes comportementaux chez les enfants. 

Une étude récente à permit de mesurer les résidus de pesticides dans l’urine de 110 enfants. Tous avaient des niveaux mesurables de composés organophosphorés, sauf un – celui qui mangeait des céréales bio. L’exposition à ces composés chez les enfants a été liée à des troubles de l’attention et à l’hyperactivité. 

 2. Le lait de vache 

«Les produits laitiers sont nos amis pour la vie». Ou pas! On nous rabâche sans arrêt ce concept des trois produits laitiers par jours pour que les enfants ne soient pas carencés en calcium et aient les os forts. Or les produits laitiers traditionnels sont loin d’être une nourriture adaptées aux enfants ni aux adultes. 

Lait cru vs. lait pasteurisé 

Le lait que nous servons aux enfants est très généralement pasteurisé. Ce processus est censé tuer les éventuelles bactéries contenues dans le lait et le rendre ainsi plus sain. Or quand le lait est pasteurisé, les molécules de protéines sont chauffées et changent de forme et de composition. La chaleur détruit les enzymes saines et actives du lait ce qui rend la caséine bien plus difficiles à digérer par votre organisme. 

Hormones et antibiotiques

Les fermes industrielles sont de véritables usines à rendement dans lesquelles les vaches sont entassées les unes contre les autres sans espace et sans mouvement possible. Le but est de les bourrer d’une nourriture riche en hormones et antibiotiques pour accélérer la production de lait en évitant qu’elles ne tombent malades à cause de leurs conditions de vie déplorables. La traite automatiques des vaches ne respectant pas la physiologie de leurs pis entraine chez presque toutes les vaches des infections des mamelles contre lesquelles ont leur prescrit encore d’autres antibiotiques. Cela n’empêche pas tous le pus infecté de se retrouver dans votre brique de lait. Bon appétit bien-sur!

Non seulement les conditions de vies de ces bêtes sont inhumaines, mais le résultat est dégoutant. Pas étonnant que tant de personnes se tournent vers un mode de vie 100% vegan.

La grosse blague du calcium

Des études indépendantes – c’est-à-dire non financées par les lobbies de l’industrie laitière – ont prouvé que le lait était de loin d’être la meilleure source de calcium. Il y en a en effet bien plus dans les amandes, le saumon, la pâte de sésame, les sardines, les brocolis ou encore les figues.

Il a d’ailleurs été démontré que les pays ayant la plus grosse consommation de produits laitier pasteurisés sont ceux qui ont le plus grand nombre de problèmes osseux tels que les fractures ou encore l’ostéoporose. En fait, la consommation de lait et directement proportionnelle à la faiblesse de os, quel paradoxe!

Seulement 32 % du calcium contenu dans les laitages est absorbé par le corps contre 61 % pour les légumes qui eux n’ont aucun effet secondaire néfaste sur l’organisme!

Beaucoup de personnes se passent entièrement de produits laitiers et s’en portant très très bien. Il existe de nombreuses alternatives tout aussi délicieuses. Testez le lait de chèvre, de brebis ou encore de jument (le plus proche du lait maternel au niveau de se composition) si vous souhaitez rester sur du lait animal.  Le lait végétal est excellent et très facile à préparer soi-même à la maison! Faites vos essais avec le lait de chanvre, d’amande, de cajou etc. (évitez le soja pour les enfants).

Si vous souhaitez toutefois consommer du lait de vache, assurez vous de l’acheter bio et cruprovenant de vaches élevées de pâturages, nourries à lʼherbe verte et autorisées à garder leur petit veau près d’elles afin de pouvoir l’allaiter lui aussi – c’est quand même la moindre des choses. 

 

 

 3. Le toast à la margarine 

 

Beaucoup de parents me disent préférer tartiner de la margarine sur le pain de leur enfant plutôt que du beurre. La margarine est devenu un aliment de choix pour les personnes souhaitant éviter les graisses saturées contenues dans le le beurre. On trouve beaucoup de margarines allégées ou “anti-cholestérol” dans les supermarchés. Le seul avantage que je leur trouve, c’est de remplir les poches de Danone. 

Qu’est-ce que la margarine?

La margarine est faite d’huiles hydrogénées riches en graisses trans assemblées à des composants chimiques afin d’obtenir une consistance ressemblant à celle du beurre.

Des études ont démontré que les personnes qui remplacent le beurre par de la margarine afin de protéger leurs artères des graisse saturées ont plus de risques de mourir d’une maladie du cœur. Ironique.

Graisses cis vs. graisses trans

La margarine contient des graisses trans. Il est vrai qu’entre les graisses saturées, insaturées, animales, végétales, les oméga 3, etc. il est difficile à s’y retrouver pour les pauvres parents que nous sommes. Pour vous simplifier les choses, laissez-moi vous dire que les graisses trans sont à rayer définitivement de l’alimentation de votre enfant. 

On peut catégoriser les acides gras en deux groupes en fonction de leur forme chimique: les cis et les trans. Ces deux types d’acides gras ont des propriétés physico-chimiques différentes et des effets divers sur le corps. 

La plupart des acides gras trans que nous consommons proviennent des aliments qui ont été « transformés » par des procédés industriels:

  • L’hydrogénation partielle est une technique visant à enrichir les huiles en acides gras saturés afin de les rendre moins sensibles à l’oxydation. Elle permet ainsi d’obtenir des textures particulières (margarine) ainsi qu’une conservation plus longue.
  • Le raffinage des huiles est un procédé utilisé pour saturer l’huile et augmenter son point de fusion.

Les barres chocolatées, les pâtisseries et viennoiseries ainsi que les biscuits sont généralement très riches en acides gras trans. 

Si l’on ne consommait que de très faibles quantités d’acide gras trans, il n’y aurait aucun problème. Malheureusement avec l’évolution de nos procédés et la quantité importante d’aliment transformés que nous consommons, il est important de s’en inquiéter. Une consommation régulière pendant l’enfance de produits contenant 10 g de gras trans par 100 g de matières grasses serait, selon les chercheurs, suffisante pour augmenter considérablement les risques de troubles cardiovasculaires à l’âge adulte.

 4. Le verre de jus d’orange

C’est certainement la plus mauvaise idée la plus répandue parmi les parents!

Mais c’est tellement plein de vitamine C, non?

Eh bien non. Pas vraiment.

Un verre de jus d’orange contient 5 fois moins de vitamine C qu’une petite portion de radis noir, 6 fois moins qu’un poivron rouge, et 7 fois moins qu’un verre de jus de cassis.

Une boisson bien trop sucrée 

Soit dit en passant, ce même verre contient beaucoup trop de sucre pour une consommation matinale et risque de faire monter le taux de glycémie de l’enfant en folie à 10h. Je vais vous choquer, mais je dois vous le dire les amis: un verre de jus d’orange contient autant de sucre qu’un verre de coco-cola. 

Le jus d’orange est composé en majeure partie d’eau et de sucres. Le matin, après avoir jeuné toute la nuit, le corps est très réceptif à la moindre dose de sucre. C’est bien souvent le traditionnel jus d’orange du matin qui est responsable des phénomènes d’hypoglycémie et de baisse d’attention que que ressentent les enfants en fin de matinée. La nature à créé les oranges entières car les fibres – qui ne sont pas présentes dans le jus – ralentissent l’absorption du sucre et évitent un pic de glycémie. 

Une trop grosse dose d’acidité

Les fruits sont toujours mieux digérés quand on les consomme en dehors des repas. C’est une règle générale en naturopathie, consommez toujours vos fruits séparément! Les agrumes et autres fruits acides sont encore plus difficile à digérer si pris en même temps que d’autres aliments.  

En consommant par exemple des céréales – comme c’est souvent le cas au petit déjeuner – vous verrez les sucs digestifs requis pour la digestion du fruit entrer en conflit avec ceux nécessaires à la digestion da la céréale.

Même en dehors de repas, le jus d’orange n’est pas pour tout le monde. Certaines personnes ont beaucoup de mal à métaboliser les acides et la consommation de jus d’orange surtout le matin risquerait d’aggraver le phénomène d’acidose. 

 

 

 5. Le yaourt allégé en sucre 

A cause de la mode du “sans gras”, beaucoup de personnes sont encore persuadées que manger des produits à faible teneur en matière grasse, voire à 0 % de matière grasse, est meilleur pour la santé.

Le gras est pourtant loin d’être l’ennemi à abattre. Il est même essentiel à la croissance physique et mentale des enfants. Une étude récente à montré que les enfants en moyenne consommaient trois fois moins de lipides qu’ils n’en avaient besoin. Attention, je parle ici de lipides de bonne qualité et non pas d’acides gras trans.

Les produits allégés sont modifiés afin de conserver un goût acceptable. La matière grasse ainsi retirée est remplacée par des sucres, édulcorants et amidons qui pour le coup sont vraiment mauvais pour la santé! 

Si vous choisissez de donner un yaourt à votre enfant pour le petit déjeuner, choisissez-le au lait cru entier – et préférablement de brebis. Ce sera plus nourrissant pour votre enfant et meilleur au goût. 

 

 

A quoi doit ressemble le petit déjeuner idéal pour mon enfant? 

Il est très facile de revisiter le petit déjeuner en s’y prenant par étapes afin d’habituer l’enfant au changement sans aucune frustration.

  1. La première chose à faire est de réduire la part de glucide et d’augmenter la part protéique. Attention par protéine je n’entends pas saucisses et bacon mais plutôt des protéines faciles à digérer et à assimiler (spiruline, graines de chia, oléagineux etc.). Vous pouvez aussi proposer un oeuf à la coque par exemple.
  2. Ensuite, essayez de remplacer les glucides par de bonnes graisses afin de stabiliser  la glycémie. Huile de germe de blé, coco, chanvre, lin etc. passent très bien dans un smoothie de fruits. Purées d’amandes ou de cajou sont délicieuses sur une tartine de pain paléo sans graines. Un avocat mixé avec un peu de poudre de caroube et quelques dates se transforme en mousse au chocolat que les enfants adorent!
  3. Enfin remplacez les apports traditionnels en liquides (bol de lait et jus d’orange) par un infusion, un verre de jus de légumes frais, une boisson maltée aux graines germées etc. Certains enfants apprécient particulièrement le thé vert additionné d’un tout petit peu de zeste de citron ou de gingembre. Vous pouvez aussi faire tremper des pruneaux la veille au soir et donner à votre enfant l’eau de pruneau le lendemain matin avant de prendre son petit déjeuner ce qui favorisera un bon transit. Dans l’idéal, il faudrait ne pas boire pendant les repas. Tentez donc de vous organiser pour proposer à votre enfant sa boisson au réveil puis d’attendre 15 minutes avant de s’asseoir pour le petit déjeuner. profitez-en pour passer au pot ou aux toilettes, s’habiller seul, apprendre à respirer, faire sa toilette etc.

 

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